Mémoire Militaire Alpine

La campagne de France en 1940 dans les Pays de Savoie [1]

Un semi-chenillé allemand stationnant sur la place Carnot à Aix-les-Bains
Un semi-chenillé allemand stationnant sur la place Carnot à Aix-les-Bains

L’armée allemande passe à l'attaque

Le 20 juin 1940, suite aux demandes italiennes, l’état-major allemand dirige la 13e Division d’infanterie motorisée et les 3e et 4e Panzerdivision sur les Alpes. Le général Cartier est mis à la tête d’un groupement hétéroclite composé des dépôts, de régiments régionaux et de la réserve de l’ "Armée des Alpes" pour s’opposer à cette avance. Sur le Rhône, de la Suisse à Culoz, la 230e Demi-brigade alpine de forteresse (DBAF) offre une sérieuse résistance, notamment à fort l’Ecluse. Le 22 juin, les Allemands prennent le pont de Culoz en traversant le Rhône en bateaux pneumatiques. Le lendemain, ils s’emparent du col du Sapeney. La Chambotte tient toute la journée. Le 24 juin, ils pénètrent dans Rumilly. Le long du lac du Bourget, ils se heurtent aux défenseurs de Grésine. En fin de journée, Aix-les-Bains est occupé. Le 24 juin, les Allemands tentent d’arriver à Chambéry mais le 93e Bataillon de chasseurs alpins (BCA) les arrête sur la ligne Drumettaz - Tresserve.
Dans l’avant-pays, les Allemands arrivent sur le Rhône devant Yenne et la Balme où les ponts ont sauté. Le 23 juin, ils traversent le Guiers à Saint-Genix après de sérieux affrontements. Autours de Pont-de-Beauvoisin, les combats sont très violents. La 3e Panzerdivision est fortement retardée. Le lendemain, elle se heurte aux défenseurs de la Bridoire avant d’atteindre Novalaise. Une puissante colonne se dirige sur les Echelles. La localité est défendue par des éléments du 25e Régiment de Tirailleurs Sénégalais (RTS), du 215e Régiment d’infanterie (RI) et des canonniers-marins. Quatre chars sont détruits. En fin de journée, après des négociations, les Echelles sont évacuées par les Français.

Objectif : Chambéry

Le 24 juin 1940, l’armée française continue le combat. Des hommes se font tués pour défendre un village ou un pont, alors que tout est perdu. Sur les Alpes, l’offensive italienne s’essouffle. Les Allemands continuent leur attaque sur Chambéry. La veille, en fin de journée, Aix-les-Bains est occupée. Ils débouchent le long de l’hippodrome et du golf, se heurtant au 93e BCA en position entre Drumettaz et le lac. L’artillerie française ouvre le feu depuis Sonnaz et la Motte-Servolex. L’ennemi installe ses pièces à Marlioz. Toute la journée, le combat fait rage. Le lieutenant Léry et l’adjudant Grosbot sont tués. Les tentatives sur le golf et sur la colline de Tresserve échouent.
À l’ouest, après un dur combat à la Bridoire, l’ennemi atteint Novalaise. Des fantassins et un char s’engagent dans le tunnel ferroviaire de Saint-Cassin. Le capitaine Chandelier de la compagnie de gendarmerie de Chambéry le fait sauter. La 3e Panzerdivision progressent sur les Echelles. Elle se heurte à un barrage au pont de la Sauvagette tenu par des tirailleurs du 25e RTS où le lieutenant Normandin est tué. À midi, les chars arrivent devant les Echelles. Le village est occupé par deux compagnies des 215e RI et 25e RTS et 2 pièces de 47 mm servies par des marins. Six chars rentrent dans le village, quatre sont détruits, les autres se replient. Toute la journée, les Allemands tentent de s’emparer du village arrosé par leur artillerie.
En fin de journée, comme le cessez le feu intervient à 0 h 35, un accord est trouvé. Les Français se replient laissant le village aux Allemands. Chambéry n’a pas été pris. (À suivre)

Par Laurent Demouzon (feuilleton initialement paru dans le journal Le Dauphiné Libéré en 2020)

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