Mémoire Militaire Alpine

Annecy en guerre en mai-juin 1940

Les légionnaires postent les colis destinés aux prisonniers de guerre annéciens
Les légionnaires postent les colis destinés aux prisonniers de guerre annéciens

Durant la « drôle de guerre » qui débute en septembre 1939, la vie quotidienne annécienne s’est adaptée au conflit : les autorités ont pris des arrêtés concernant la mobilisation des troupes, la défense passive et les restrictions. Le maire d’Annecy Joseph Blanc réactive ainsi les mesures qu’il avait déjà prises en 1914-1918 pour faire fonctionner la mairie et secourir les plus défavorisés. Puis au printemps 1940, les opérations militaires reprennent. Un corps expéditionnaire dont fait partie le 67e BCA annécien débarque et combat à Namsos (Norvège). Mais la TSF ne révèle pas grand-chose sur cette opération dans le Grand Nord, qui tourne court avec le rembarquement des troupes alliées.

La tourmente se fait de plus en plus proche lors Hitler lance le Blitzkrieg, la « guerre éclair », le 10 mai. Alors que l’armée allemande déferle dans le Nord du pays, les chasseurs alpins du 27e et 67e BCA casernés à Annecy se battent avec courage sur l’Aisne, au prix de leur sang. L’état-major du secteur défensif du Rhône, commandé par le général Michal, s’installe à Annecy. Ses 4 500 hommes se répartissent entre la frontière suisse et Aix-les-Bains, les fameux bataillons alpins de forteresse (dont les179e et 189e BAF) se positionnant le long du Rhône. Au château d’Annecy, on équipe fébrilement les dernières recrues incorporées dans le 141e régiment régional.

Mais le désastre approche, et les Annéciens voient aussi arriver le flot des réfugiés de l’Exode secouant la France. Dans la nuit du 22 juin, la Wehrmacht est aux portes de la Haute-Savoie. Les Annéciens sont inquiets, car ils savent que parmi les troupes dédiées à la défense du Rhône se trouve la « compagnie d’Annecy ». Elle combat d’ailleurs avec vaillance à Seyssel, ce dont témoigneront des réfugiés seysselans repliés sur Annecy. Le 24, les Allemands entrent à Rumilly. Mais ils n’iront pas plus loin, les ponts menant à Annecy ayant sauté. L’armistice clôture le conflit le 25, et les Annéciens peuvent souffler. Ils échappent à l’Occupation et sont inclus, du moins jusqu’en novembre 1942, dans la « Zone libre » relevant du Gouvernement de Vichy. Les heures sombres commencent pour quatre longues années...

Sébastien Chatillon Calonne (DL, juin 2020)

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